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Un ancien chef du GUD arrivant à l’université de Poitiers

jeudi 13 mars 2008.
 
Je vous adresse un courrier, prenant appui sur une lettre collective adressée à la NR et non publiée, mais n’engageant que moi.  Pour que l’information, voire le débat, continuent à circuler. En toute indépendance des logiques à l’oeuvre dans le courant dirigé par les chefs et cheftaines du PS, leurs compagnons de route et amis.  J’en souhaite la publication sur le site de FSD et sur d’autres sites qui le jugeront bon.

Voici :


Fin février, nous avons appris qu’un universitaire, reçu major à une agrégation de droit, un certain Benoit Fleury, postulait sur Poitiers. Il était l’ancien chef du GUD à la fin des années 90.  C’est une pétition en ligne "poitiersditnon" qui nous l’apprenait. Cette pétition était à l’initiative de l’UNEF (animée localement par le PS) et du
MJS. Cette pétition s’adressant au Président d’université et aux universitaires, puis aux citoyens, se prononçait contre la venue à Poitiers de ce nouvel universitaire. La pétition (toujours en ligne) a reçu plus de 1300 signatures. Des articles ont paru dans la presse nationale (Libération, Le Monde, etc...) et dans la presse régionale. Les articles de la NR étaient très bons à la notable exception d’un billet qui a paru, le 26 février, en page 2, intitulé "Shalom Benoit !". Nous avons envoyé une lettre, en réponse à cet article, signée par une quinzaine de personnes, qui, à ce jour, n’a pas été publiée.

En voici des extraits :

" Celui qui fut chef et idéologue d’un groupuscule qui fut le bras armé des négationnistes jusqu’aux débuts des années 2000 se repentirait-il ? Les négationnistes furent ceux qui ont nié et continuent à nier l’existence des chambres à gaz dans les camps nazis ; l’antisémitisme du GUD se situa en filiation des groupes français de collaborateurs, de combattants français nazis. Pour nous, le devoir de mémoire dont on parle tant, c’est nous souvenir que les antisémites en France sont devenus pendant l’Occupation les collaborateurs du génocide des juifs et des tziganes ; nous nous souvenons que les élites économiques, la police, la gendarmerie, la Justice furent, en grande majorité, au service des nazis. Cet universitaire le sait mieux que tout autre."


Le Conseil d’administration de l’Université à l’unanimité se prononçait  ensuite contre la nomination à Poitiers de ce monsieur. Suite à son droit de réponse, puis à son interview dans la Nouvelle République, nous ajoutions :

"Dans son droit de réponse du 29 février, il banalise ses engagements fascistes, les
qualifiant de "nationalistes", il reste évasif sur son passé tout en disant qu’il a totalement changé.
Ces déclarations sont une banalisation du racisme qui fut l’idéologie du GUD, de ses violences en milieu étudiant qui furent sa raison d’être. Chacun peut changer. Mais dans son interview du 1er février comme dans son droit de réponse du 29 février, qui viennent bien tardivement après des articles dans la presse régionale et la presse nationale, une mobilisation d’étudiants et d’universitaitres, une prise de position du Conseil d’Administration de l’Université, il ne montre nul repentir pour ses agissements passés. Nous félicitons les initiateurs étudiants de la pétition "Poitiers dit non" d’avoir permis une mobilisation démocratique obligeant ce Monsieur à s’exprimer publiquement.  Fidèles aux principes, aujourd’hui dévalués par nos gouvernants, du Conseil National de la Résistance, refusant toute banalisation du racisme, nous nous opposons donc à la venue à l’université de Poitiers de Monsieur Fleury, comme les universitaires de Nîmes l’ont fait ."


L’Unef et le Mjs ont fait paraitre un communiqué (cf le blog de Jules Aime) où ils prennent acte du "reniement" par Fleury de son passé, s’en félicitent... tout en affirmant demeurer vigilants du fait de la possible inscription à l’UFR de Droit de Poitiers d’étudiants d’ultra-droite attirés par l’enseignement de B Fleury ! S’ils supposent que l’enseignement de Fleury peut attirer des fascistes de toute la France, c’est que le pseudo-repentir de l’ex idole des fascistes français ne les convaint pas. Alors, leur auto-satisfaction n’est qu’ un simple signe d’amitié, un petit geste tactique, adressé au Président d’université qui, lui, ne peut que prendre acte de la déclaration de Fleury. Depuis, on n’en parle plus.

La consultation des sites internets, de blogs divers montrent que l’ignorance sur la nature du GUD est immense (l’article sur wikipedia est très succinct). Par ailleurs, certains ont cru qu’il s’agissait de remettre en cause un concours de l’Education Nationale, de demander une sorte d’interdiction professionnelle pour faits politiques anciens. Il s’agissait de nommer le racisme, c’est suffisant.

Il est important de redire que le GUD fut un groupe de cogneurs d’ultra-droite qui considérait le FN comme trop démocrate. Que ce groupe a soutenu, avec toute l’extrême-droite, les négationnistes. Ce qui n’apparaissait pas dans la pétition initiée par l’UNEF. Benoit Fleury fut le chef de ce groupe et il dit benoitement avoir un passé de militant "nationaliste".

Au-delà des tergiversations des jeunes amis de Claeys, Royal et Strauss-Kahn, il nous revient de continuer à affirmer que l’absence de reniement de son passé fasciste par Fleury est inacceptable. Certes, nous ne pouvons pas nous opposer à sa nomination à Poitiers. Mais nous pouvons et devons persister à affirmer que sa venue à Poitiers est malvenue. Pour le moins.

Cette pétition n’émanait pas de la gauche radicale seulement. Mais j’ajouterai un dernier point : La gauche radicale est l’objet d’attaques ignominieuses la traitant d’antisémite, depuis des mois. Ainsi le dernier livre de Bernard-Henry Lévy, "Ce grand cadavre à la renverse", accuse Alain Badiou et Daniel Bensaïd, entre autres, d’antisémitisme. Ne laissons pas la dénonciation de l’antisémitisme, antisémitisme qui est consubstantiel historiquement à l’extrême-droite et à la droite radicale, à ceux qui soutiennent inconditionnellement la politique militaire terroriste de la direction de l’Etat d’Israël.

Le combat contre les ennemis mortels de nos idéaux continue.
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