A signer !!!
pétition nationale demandant la saisine citoyenne du conseil
constitutionnel contre la loi qui proroge l’état d’urgence ;
Parce qu’elle est dangereuse pour les libertés en général
Parce qu’elle met les étrangers en première ligne
La saisine citoyenne n’existe pas en droit français. On sait aussi
que le PS a donné des consignes formelles à ses députés de ne pas
faire cette saisine. Mais nous croyons que ce qui n’existe pas
aujourd’hui sera possible demain encore faut-il ouvrir le chemin...
<http://www.placeauxdroits.net/page_40.php>
« Pour une saisine citoyenne du Conseil Constitutionnel contre la loi
prorogeant l’état d’urgence »
La France est un Etat de droit ... qui ne cesse de se fissurer ! La
vitrine a pourtant belle allure : sur les présentoirs, figure en bonne place un Conseil constitutionnel chargé de vérifier que les lois votées par le Parlement respectent les droits et libertés des
citoyens.
Pour jouer son rôle, le Conseil constitutionnel doit évidemment être
saisi. En l’état actuel du droit, seuls le Président de la
République, les Présidents de l’Assemblée nationale ou du Sénat ou
plus de 60 députés et sénateurs peuvent soumettre une loi à son
contrôle. Or c’est bien ici que le bât blesse. Il y a quelques
années, les parlementaires de la majorité et de l’opposition s’entendaient pour ne pas déférer devant le Conseil constitutionnel
la loi du 15 novembre 2001 relative à la sécurité quotidienne, malgré
le caractère liberticide d’un grand nombre de ses dispositions.
Récemment, le Garde des Sceaux Pascal Clément faisait part du risque
d’inconstitutionnalité de certaines dispositions de la loi relative à
la lutte contre la récidive. Qu’à cela ne tienne, le ministre tenait
son "remède" : "il suffira pour [les parlementaires] de ne pas saisir
le Conseil constitutionnel" a t-il déclaré dans des propos rapportés
par la presse. Doit on alors s’étonner que la loi 18 novembre 2005,
qui proroge l’état d’urgence pour une durée de trois mois, n’ait fait
l’objet d’aucun recours devant le Conseil constitutionnel ? Dans
l’esprit de nombreux élus et responsables politiques, le souci de
consensus politique autour des thématiques sécuritaires, l’obsession
de remporter les prochaines élections passent manifestement avant la
garantie des droits des citoyens. La non saisine du juge
constitutionnel tend à devenir une pratique qui s’enracine
dangereusement dans le fonctionnement de l’Etat de droit.
Le respect scrupuleux des droits et libertés constitutionnels, qui
s’impose aussi au législateur, constitue le socle du pacte
républicain. Or la mise à l’écart du Conseil constitutionnel témoigne
d’une dangereuse évolution. Rien ne doit plus faire obstacle au
durcissement des politiques répressives et sécuritaires et surtout
pas les droits des citoyens. Cette saisine citoyenne du Conseil
constitutionnel contre la loi du 18 novembre 2005 prorogeant l’état
d’urgence, qui n’a aucun fondement juridique, prend ici valeur de
symbole. Elle témoigne de ce que nous n’entendons pas rester sans
voix devant cette évolution, et voulons au contraire devenir des
acteurs de la protection des droits et libertés en France. Elle
appelle plus fondamentalement à une réforme des modes de saisine du
Conseil constitutionnel, les carences du système actuel ne pouvant
plus perdurer.
Sur l’inconstitutionnalité de la loi du 18 novembre 2005 prorogeant
l’état d’urgence instauré par le décret du 8 novembre 2005.
L’état d’urgence est un régime d’exception utilisé jusqu’alors dans
des situations exceptionnelles (Algérie en 1955 ou Nouvelle-Calédonie
en 1985 par exemple).Il donne des pouvoirs très étendus aux autorités
investies d’une compétence en matière de police des pouvoirs très
étendus : pouvoir d’interdire la circulation des personnes ou des
véhicules dans les lieux et aux heures fixées par arrêté ;
d’instituer par arrêté des zones de protection ou de sécurité où le
séjour des personnes est réglementée ; d’interdire le séjour dans
tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver,
de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics ;
d’ordonner la fermeture provisoire des salles de spectacles, débits
de boissons et lieux de réunion de toute nature dans certaines
zones ; d’interdire à titre général ou particulier, les réunions de
nature à provoquer ou à entretenir le désordre ; d’ordonner des
perquisitions à domicile de jour et de nuit ; de prendre toutes
mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de
toute nature ainsi que celui des émissions radiophoniques, des
projections cinématographiques et des représentations théâtrales.
L’instauration de l’état d’urgence est ainsi par nature et par
principe très dangereuse pour l’exercice des libertés publiques. Or
pour être conformes à la Constitution, les atteintes portées à ces
libertés doivent ne pas être disproportionnées et s’avérer comme
strictement nécessaires au rétablissement de l’ordre public. La
liberté est en effet la règle et les restrictions apportées à la
liberté ne doivent rester que l’exception.
Malgré la nature des événements qui se sont déroulés ces dernières
semaines, la situation n’était pas telle que la prorogation de l’état
d’urgence constitue une nécessité impérieuse. La maîtrise des
violences pouvait être garantie par l’exercice des pouvoirs
ordinaires dévolus à la police administrative et ce d’autant plus que
les violences, très localisées, décroissaient rapidement.
Pour D. de Villepin, la prorogation de l’état d’urgence constitue «
une mesure de précaution » qui ne prendra fin que lorsque le calme «
sera durablement rétabli ». De son côté, N. Sarkozy déclarait il y a
quelques jours qu’ « au nom de l’efficacité dans la restauration de
la paix publique, il est sage, il est raisonnable d’envisager la
prorogation de l’état d’urgence pour une période de trois mois ». «
Précaution » qu’il peut être « raisonnable » de prendre, l’état
d’urgence ne constitue plus une mesure strictement exceptionnelle
dans l’esprit des responsables du gouvernement. Il est utilisé comme
un mode normal de gestion des crises et violences urbaines,
susceptible d’être demain étendu à l’ensemble des conflits sociaux et
d’instaurer insidieusement un régime d’exception permanent.
Nous condamnons avec vigueur les atteintes inadmissibles portées à
nos droits et libertés par la loi du 18 novembre 2005 et demandons au
Conseil constitutionnel d’en prononcer la censure intégrale.