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Obtenir le retrait

vendredi 31 mars 2006.
 

Obtenir le retrait du CPE est une étape, pas un but

Communiqué


Obtenir le retrait du CPE c’est une étape, pas un but.


La cause du malaise ambiant est bien plus profonde.


Elle trouve sa source dans les bouleversements qu’imposent au monde les très grandes entreprises qui sont déterminées à priver les Peuples de décider librement de leur avenir, y compris en France.


L’énorme manifestation de ce 28 mars ne doit pas rester sans suite politique.


Il ne s’agit pas uniquement de changer de gouvernement ou de majorité.


Il faut, changer de logiques politiques. Celles que nous subissons depuis plus de trente ans, de droite comme de gauche, nous ont conduits dans le mur :

  • écrasement du pacte social issu du programme du Conseil national de la Résistance en 1945.

  • écrasement du tissu économique par les délocalisations, les pertes de savoir-faire, la disparition des petits commerçants et des artisans, la fin de l’agriculture familiale, la déstabilisation des petites et moyennes entreprises le plus souvent ravalées au rang de simple sous-traitant.

  • écrasement de l’espérance populaire par des alternances politiques qui n’ont rien changé.


Aujourd’hui il ne s’agit pas de tout casser, ni même d’espérer un grand soir.


Quels que soient nos engagements et nos convictions nous avons le devoir de nous réapproprier notre avenir de citoyen, c’est-à-dire faire du neuf et du déraisonnable mais pas n’importe comment.


Changer de logique politique, c’est analyser le malaise actuel qui a pour causes essentielles le néo-libéralisme, c’est-à-dire la marchandisation de tout, de nos services publics livrés à la concurrence libre (et apparemment non faussée), de l’école et des études accessibles de plus en plus selon les possibilités économiques des familles, de la destruction du droit du travail. Le néo-libéralisme c’est aussi et encore, la culture imprudente, à l’air libre, des OGM, la délocalisation des entreprises par l’exploitation immorale des populations non protégées, les plus pauvres du Monde.


Il est temps de mettre fin à l’arrogance des forts qui entendent contraindre nos vies pour accroître leurs profits et qui font la guerre pour des motifs apparemment généreux qui voilent à peine, leurs appétits pétroliers. Il est urgent, dans l’intérêt de tous, de concevoir un co-développement dynamique et généreux capable de réduire à bref délai les causes du terrorisme et d’éteindre les passions religieuses. Ultime avatar, le néo-libéralisme tente de sécuriser la source de ses profits en cherchant est à breveter le vivant !


Une chape de plomb est posée sur notre démocratie par une classe politique aux ordres, bien trop faible pour combattre l’oppression : « contre le marché on ne peut rien » déclarait naguère un premier ministre justement poussé vers la sortie en 2002.



Pour accomplir la mutation politique nécessaire, il n’y qu’un seul point d’appui valable, c’est le Peuple. Celui-ci n’est ni de gauche ni de droite.


L’utilisation de ces idéologies n’a plus beaucoup de sens, sauf pour ceux qui en tirent avantage. Bien évidemment, la gauche ce n’est pas la droite, mais ce clivage est devenu incertain, artificiel, confus surtout depuis qu’en mai 2002 il a fallu sauver l’élection présidentielle en dépassant la frontière gauche droite pour éviter de basculer dans le repli nationaliste, depuis que le 29 mai 2005 c’est encore le Peuple qui a tranché, majoritairement contre la prétention de la classe politique qui entendait priver les citoyens du droit de décider de leur avenir (92% du Parlement !). Que représente cette caste politique : les citoyens ou les partis ? Chercher l’erreur.


Il y a bien sûr des logiques de droite et de gauche. Tant mieux. Mais c’est la démocratie réelle, vivante jusque dans les structures qui doit permettre à la représentation nationale de trancher, de faire des choix et heureusement d’alterner si les politiques choisies ne marchent pas. Notre démocratie n’avance plus. Elle est bien plus bloquée que ne le sont aujourd’hui nos universités ou nos lycées.


Ce ne sont pas les institutions qui sont en cause. On a vu que le remplacement du septennat par le quinquennat n’a rien changé. Les modalités de désignation des candidats sont toujours les mêmes, totalement perverties. Les représentants diversement encartés sont tous formatés pour servir à peu près la même politique décorée de mots différents. Les deux millions de chômeurs et les quatre millions de pauvres de notre pays peuvent l’attester.


Comment s’y prendre pour changer la classe politique ? Faut-il beaucoup d’argent ? Est-ce réaliste ? Ces questions et d’autres étaient sur toutes les lèvres dans l’immensité des magnifiques cortèges de mardi.


La réponse est simple : c’est possible, en douceur et profondeur.


Il ne s’agit pas d’être contre les partis politiques qui sont des associations légitimes. Ce qui est en cause c’est qu’ils ont pris notre démocratie en otage alors qu’ils ne sont qu’un de ses éléments (article 4 de la constitution de la Vème République).


Il est impossible de changer leurs pratiques par la loi, puisque c’est eux qui la font. C’est donc par une action résolue des citoyens, une véritable entente des démocrates de tous bords qu’il faut agir sur les deux leviers qui sont à notre disposition :


  1. mettre fin aux carrières électorales (deux mandats consécutifs maximum)

  2. mettre fin au cumul des mandats (deux fonctions maximum et à titre transitoire).


Des personnes nouvelles aux affaires ce sera sûrement des jeunes, des idées différentes, des exigences et des espérances tournées vers l’avenir. Vérifions-le département par département. Quel bouleversement cela engendrerait ? Faisons le. La politique n’est pas un métier. C’est le service des autres : il faut renouer avec les fondamentaux de la démocratie.


L’entente de tous les démocrates doit organiser cette première étape qui est préalable à tout changement de grande envergure. Il faut imposer ces règles à tous les partis politiques en leur demandant de souscrire à ces contraintes sauf à les priver de tout soutien. Cela n’interdit pas d’organiser partout, au gré des initiatives citoyennes l’élection de candidates et candidats « techniques » porteurs de projets concrets, par opposition aux candidats politiques. La loi 90-55, judicieusement utilisée en permet le financement propre et transparent.


Mais le changement de logique politique implique nécessairement un recours aux urnes.


Des élections générales doivent être décidées.

Les jours qui viennent pourraient accélérer le renouvellement complet de la classe politique.


D’abord le départ du premier ministre. Ensuite, la désignation d’un gouvernement restreint dont la durée serait très temporaire et la fonction limitée à l’administration des affaires courantes.


Il faudra alors fixer l’élection d’une nouvelle assemblée nationale à la fin du printemps.


Quant au Président de la République, élu par défaut par 82% des françaises et des français, il devra s’effacer à moins qu’il ne souhaite que le Peuple lui demande des comptes. Serait-il gagnant ?



Régis ROQUETANIERE

Adhérent d’Attac et membre du Forum social s’exprimant à titre personnel.

Poitiers le 30 mars 2006

regisroquetanière@wanadoo.fr

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