Le droit au logement doit être effectif
pour tous.
Le logement ne doit pas être le terrain d’action des
spéculateurs
Tract version pdf :
http://www.france.attac.org/spip.php ?article8299
Attac a décidé de s’associer à la manifestation du 15
mars pour le
droit au logement et contre les expulsions locatives. La situation
actuelle du mal logement trouve une cause directe dans la liberté de
spéculation à l’œuvre dans l’immobilier et le foncier depuis plus de
vingt ans. Un droit fondamental est mis en cause. Les dégâts sont
considérables en France aujourd’hui, mais aussi en Europe et à
l’échelle internationale. Bien que la loi du 5 mars 2007 ait confirmé
le droit au logement, 4 millions de personnes sont actuellement sans
logis ou mal logées, dont plus de 200 000 sans-abri.
À Paris, la manifestation débutera à 14h30
place de la République.
Le développement de la spéculation
foncière et immobilière
Livrés aux lois du marché, le foncier et l’immobilier
privés font l’objet d’opérations spéculatives. Les conséquences ont été
nombreuses : les augmentations massives des prix ont eu des incidences
directes sur l’évolution des loyers. Constante durant ces vingt
dernières années, la flambée des loyers et des charges atteint
actuellement des sommets. Les loyers ont vraisemblablement doublé en
vingt ans.
De plus, les gouvernements, les municipalités ont les
uns après les autres renoncé à construire les logements sociaux
répondant à la demande. Et les locataires, y compris dans le logement
social, ont été encouragés à devenir propriétaires dans un contexte de
prix élevés, sans rapport avec les moyens des familles. C’est une telle
politique, encouragée par des crédits élevés, qui est à l’origine de la
grave crise du subprime aux États-Unis.
Des orientations gouvernementales
notoirement insuffisantes
Récemment annoncés, l’indexation des loyers sur
l’indice de la consommation, la réduction du dépôt de garantie à un
mois de loyer et le programme des « maisons à 15 euros par jour »
n’inverseront pas cette tendance.
L’inaccessibilité du parc privé provoque un report de
la demande sur le logement social. 1,3 million de demandes de logement
social restent en souffrance, dont plus de 370 000 en Île-de-France.
Dans le parc social, le taux de mobilité a chuté en dessous de 10 %.
Une situation très dégradée
Les habitats de fortune se multiplient. 100 000
personnes vivraient ainsi dans des campements, plus de 40 000 seraient
installées dans des constructions provisoires qui ne sont pas sans
rappeler les bidonvilles de l’après-guerre. Bien que sa capacité ne
cesse d’augmenter, le dispositif d’hébergement social est saturé en
permanence. Si le mal logement frappe directement les ménages disposant
des revenus les plus modestes, les difficultés d’accès à l’habitat
concernent aussi une partie des « classes moyennes », en particulier
dans les grandes agglomérations.
L’accroissement de la précarité et
de la pauvreté
Cette situation dramatique s’est accrue avec le
développement de la précarité. Depuis plus de vingt ans, le taux de
chômage moyen officiel oscille entre 8 % et 12 %. La moyenne lisse des
extrêmes beaucoup plus élevés concernant notamment les femmes et les
jeunes peu qualifiés. Dans certains quartiers populaires, les
difficultés d’accès à un emploi toucheraient 40 à 60 % des moins de 25
ans.
Le travail précaire (intérim, emploi à temps partiel,
contrat à durée déterminée) tend à gagner du terrain au détriment de
l’emploi stable et à temps plein. De manière générale, le pouvoir
d’achat des salariés stagne. Actuellement, 50 % des salariés du secteur
privé perçoivent moins de 1 400 euros nets mensuels, et 30 % se situent
en dessous de 1 200 euros. Près de 20 % des salariés (soit environ 4
millions de personnes) sont payés au SMIC.
Un Français sur trois est en situation de pauvreté ou
de précarité. Près de 7 millions de personnes vivent sous le seuil de
pauvreté. Plus de 3,5 millions de ménages perçoivent un des minima
sociaux.
Le retour au plein emploi, l’éradication du travail
précaire et l’augmentation des bas salaires amélioreraient sans aucun
doute les conditions de vie des ménages modestes et faciliteraient leur
accès au logement. La revalorisation des minima sociaux est
incontournable. Toutes inférieures au seuil de pauvreté, les
allocations versées ne permettent pas de vivre décemment, et encore
moins de régler un loyer et les charges afférentes. Au mieux, elles
autorisent une pauvre survie. Il s’avère donc urgent de consolider les
protections de base, notamment le SMIC et les minima sociaux, et
d’indexer leur progression sur l’évolution de la richesse produite.
Le désengagement de l’État
Depuis 1977, avec la réforme Barre, le retrait de
l’État n’a cessé de se confirmer. Durant les années 1990, moins de 45
000 logements sociaux ont été produits chaque année. Les logements
intermédiaires, destinés aux classes moyennes, représentaient plus du
tiers des logements sociaux construits récemment.
Au cours de l’année 2006, moins de 35 000 logements
sociaux ont été construits. En 2007, le budget de l’État consacré au
logement était en net recul et représentait moins de 1,10 % du PIB.
Inférieures à 100 000 unités par an, les prévisions de construction de
logements sociaux pour les années à venir ne résorberont pas le manque.
D’autant que le solde net de logements sera amputé par la vente
d’environ 40 000 logements par an et la destruction d’habitats à loyer
modéré dans le cadre des projets de rénovation urbaine. En cours de
préparation, le projet de réforme du Livret A réduira significativement
les financements dédiés à la construction de logements à loyer modéré.
Pour un vrai droit au logement,
des premières propositions
L’article 31 de la charte sociale européenne révisée
ainsi que la loi du 5 mars 2007 ont consacré le droit au logement et
imposent une obligation de résultat. Aussi, ce droit doit devenir une
réalité pour tous dans les meilleurs délais.
Favoriser l’accès au logement impose l’élaboration d’une politique
reposant sur deux principes majeurs : le renforcement du rôle de la
puissance publique en matière de logement et l’encadrement du marché
privé.
Un premier train de mesures concrètes contribuerait à rendre le droit
au logement effectif, en particulier :
• l’encadrement des prix du foncier et de l’immobilier ;
• l’encadrement du prix des loyers ;
• la réquisition des logements vacants ;
• le développement de la location solidaire dans le parc privé ;
• la création d’un véritable service public du logement ;
• l’application stricte de l’article 55 de la loi SRU ;
• la construction d’au moins 250 000 logements sociaux par an ;
• l’abandon des projets de vente massive de logements sociaux ;
• la cessation des expulsions locatives sans relogement ;
• l’arrêt des démolitions de logements sociaux décents ;
• le retrait de la réforme du livret A.
C’est pourquoi Attac a décidé de
s’associer aux organisations et associations qui manifesteront le 15
mars, fin de la période hivernale qui interdit les expulsions, à Paris
et dans de nombreuses grandes villes de France, pour un droit au
logement véritable.