Je dois bien avouer que la tournure prise ces temps derniers par le débat sur DADVSI m’agace un peu. D’accord, la licence globale a surpris tout le monde, et devant l’énormité de l’événement il était logique que chacun y aille de son avis, plus ou moins fleuri. Mais si le sujet est définitivement intéressant, il n’en est pas pour autant essentiel. L’aspect fondamentalement dérangeant dans DADVSI est, et reste, la légalisation des verrouillages de contenus, techniquement parlant, les DRM. Et arrêtez moi si je me trompe, mais j’imagine assez mal comment pourrait fonctionner une telle licence, s’il est illégal de contourner la protection des contenus.
DRM, danger technique, économique et moral
Présentés un peu rapidement par certains comme une
absolue nécessité, les DRM sont surtout des outils dangereux. Dangereux
car intrusifs de nature et opaques dans leur fonctionnement. Dangereux
car offrant à une poignée d’industriels le monopole du contenu et des
logiciels permettant d’y accéder. Enfin dangereux car ils
sous-entendent que si vous ne fraudez pas encore, vous le ferez un
jour. En quelque sorte, avec les DRM vous êtes déjà coupable.
Le coeur de motivation des pro-DRM nous est présenté
comme étant la protection des droits d’auteur, de la création et donc
la survie des artistes. Et je leur donne raison sur ce point. Les
pratiques de téléchargement sauvage des contenus soumis à droit ne
peuvent plus durer. De louables intentions en somme. En surface du
moins, car il apparaît très vite que deux métiers vieillissants,
l’édition logiciel et l’édition musicale, jouent en réalité une
dernière carte pour leur survie. Mais avant d’aller plus loin, il
s’agit déjà de comprendre comment fonctionnent ces fameux DRM.
DRM sous un scalpel
Petit préambule à l’explication qui va suivre, les DRM
pour fonctionner ont besoin de crypter les fichiers qu’ils protègent.
Crypter un fichier consiste, schématiquement, à brouiller son contenu à
l’aide d’une clef secrète (une sorte de code secret). Une fois crypté,
le fichier ne peut plus être lu sans un logiciel de décryptage
compatible et, bien sûr, sans la clef secrète. en savoir plus...
Lorsque vous achetez de la musique sur Internet, les
DRM sont déjà systématiquement utilisés. Il y a de nombreux types de
DRM, tous différents les uns des autres. Pour l’explication,
inspirons-nous du système de Microsoft (adopté par la Fnac et Virgin)
et voyons, de manière très simplifiée, comment tout cela est orchestré :
1. Vous venez donc d’acheter un morceau de musique chez un fournisseur,
et vous vous apprêtez à le télécharger sur votre ordinateur.
2. Avant de vous l’envoyer, le serveur de votre
fournisseur crypte le fichier avec une clef secrète. Peu de temps après
vous recevez votre morceau de musique, crypté mais sans la clef
secrète. Le serveur la garde pour le moment.
3. Vous devez maintenant utiliser un lecteur compatible, Windows Media Player dans notre exemple, pour lire votre musique.
4. Le lecteur va détecter que le fichier est crypté, et
qu’il est donc protégé par un DRM. Il recontacte alors le serveur pour
lui demander la clef secrète nécessaire pour poursuivre la lecture.
5. Avant de la lui envoyer, le serveur demande au lecteur le numéro de série de votre ordinateur.
6. Le serveur met à jour votre "fiche client" pour y
inscrire le numéro de série du morceau de musique concerné suivi de
celui de l’ordinateur sur lequel vous désirez l’écouter.
7. Le serveur fabrique ensuite un fichier que l’on
appelle licence. Cette licence contient la clef secrète de décryptage,
mais aussi une liste de règles décrivant ce que vous êtes autorisé à
faire avec ce morceau de musique.
8. Le serveur envoie cette licence à votre lecteur qui la "cache" sur votre disque dur.
9. Le lecteur dispose maintenant du morceau de musique
et de sa licence. Il vérifie dans celle-ci que vous avez bien le droit
de lire le morceau. Et, si tout est en règle, il peut utiliser la clef
secrète pour décrypter le fichier.
10. Vous pouvez enfin écouter votre musique.
Comprenant mieux le fonctionnement des DRM, on imagine
alors mieux les règles (celles contenues dans la licence) qu’ils
permettent d’imposer :
Si vous transférez le morceau sur une autre machine, le
lecteur ne trouvant plus de licence va à nouveau contacter le serveur
pour en obtenir une. Votre "fiche" sera mise à jour et le serveur
"saura" que vous avez installé cette musique une deuxième fois.
Si vous dépassez le nombre maximum d’ordinateurs
autorisés (5 avec iTunes), le serveur refuse alors de vos donner une
nouvelle licence. Vous devez lui demander de retirer une licence à un
ordinateur pour la donner à un autre.
La licence peut imposer une limitation dans le temps,
une vidéo pendant 2 jours par exemple. Passé ce délai, le fichier
pourra être détruit par le lecteur
etc...
Enfin, il est important de noter que la gestion de ces
DRM est assurée par un ensemble de logiciels généralement fournis par
un seul et même éditeur (dans notre exemple Microsoft). Cette suite
comprend :
Les serveurs de DRM qui fabriquent les fichiers cryptés
et les licences. Ils ont été choisis et achetés par votre fournisseur
de contenu.
Un format de fichier (musical ou vidéo) souvent spécifique à ce même éditeur.
Un lecteur de contenu fourni par l’éditeur et
généralement seul capable de comprendre le format de fichier ET le type
DRM utilisé par les serveurs.
A ceux qui désirent une information plus technique sur
les DRM je conseille de lire ces pages décrivant le fonctionnement de
windows Media Player.
Un DRM, mais qui m’en protège ?
Déjà, qu’est-ce que l’interopérabilité. Très
simplement, il s’agit de la capacité qu’ont deux systèmes informatiques
différents à savoir travailler ensemble. Ils peuvent être
interopérables s’ils parlent le même langage, ou s’ils comprennent les
mêmes formats de fichier. en savoir plus...
A titre d’exemple, prenons le format des documents
Word. Personne, mis à part Microsoft, ne connaît réellement la
structure interne des fichiers .doc. Personne n’a d’ailleurs
officiellement le droit de l’utiliser ! Ainsi les autres traitements
texte ne peuvent pas le relire correctement, comme c’est le cas pour
OpenOffice. Ce système ne permet donc pas l’interopérabilité avec
d’autres systèmes et la conséquence est d’un, que Word vous est imposé,
de deux, que si Word disparaît, vos fichiers sont eux aussi perdus. On
dit que Word utilise un format propriétaire ou encore, fermé.
A contrario, prenons le format de fichier OpenDocument.
Vous avez aujourd’hui une demi-douzaine de traitements de texte qui
savent lire et écrire ce format. Même Word pourrait le faire, car c’est
un un standard ouvert. Vous avec donc le choix des outils. Et dans 10
ans, même si OpenOffice disparaît, il y aura toujours moyens pour vous
de relire vos documents.
A l’image de Word, les DRM sont des formats
propriétaires et fermés. Et ce n’est pas anodin, car cela place leurs
éditeurs dans une position très intéressante. En effet, s’ils
parviennent à vendre leur système à un fournisseur de contenu, ils
obligent du coup tous les clients de ce fournisseur à utiliser LEUR
lecteur. L’absence d’interopérabilité vous ôte tout choix. Et dans 10
ans, vous musiques seront elles encore lisibles ?
Et pourtant, il existe des DRM reposant, comme l’OpenDocument, sur des standards ouverts.
C’est donc un choix de l’éditeur et du fournisseur de contenu. En
effet, une société comme Apple, n’a aucun intérêt à adopter un format
ouvert car il perd du coup un monopole bien juteux. C’est ainsi que la
majorité des acteurs du DRM proposent leur propre système espérant
obtenir une part du gâteau.
Cette copies d’écran du site virginmega.fr
est l’exemple même des ennuis que m’impose une non interopérabilité.
Mon système n’est pas compatible avec les DRM utilisés sur ce site et
je ne pourrais donc pas y acheter ma musique. J’apprécie d’ailleurs
énormément l’ironie de l’équipe Virgin qui me présente une liste de
systèmes d’exploitation éligibles ne contenant... que Windows. Même
topo à la Fnac...
Si j’utilisais un Mac, je pourrais me consoler en me
disant que mon système apparaîtra sûrement un jour dans la liste...
Mais pour mon "malheur", j’utilise linux. Et dans ce cas de figure,
c’est l’impasse totale. En effet, la structure "code ouvert" du
logiciel libre (cf. DADVSI code)
interdit d’y intégrer des formats propriétaires et fermés. Car les
petits secrets ne tiennent pas bien longtemps quand les sources sont
visibles par tous. Donc pour Linux, sans standard, point de salut. Et
les choses se compliquent encore lorsque l’on sait que certains
éditeurs ne sont pas très joyeux à l’idée d’un système d’exploitation
libre qui prendrait de l’ampleur. Ils ont là aussi tout intérêt à ne
pas jouer la carte de l’interopérabilité.
Mais ce phénomène n’est pas nouveau. La majorité des
formats audio ou vidéo ne sont pas ouverts et cela n’empêche pourtant
pas d’utiliser du libre pour acheter des morceaux de musiques sur iTunes ou lire des vidéos au format Microsoft.
Comment ? En contournant la protection, en analysant les formats à la
loupe et en fabriquant des systèmes compatibles malgré l’absence de
standard. En d’autres termes, si l’on parle avec le langage de DADVSI,
en faisant de la contrefaçon.
Dernière chose, maintenant que nous sommes plus intimes
avec nos DRM, tentons d’en imaginer les dérives. Les DRM, nous l’avons
vu, imposent l’installation sur votre PC d’un lecteur fermé et
verrouillé. Nous avons aussi vu que ce lecteur échange des données avec
le serveur. Et pour protéger leurs conversations, ces deux logiciels,
lecteur et serveur, utilisent une connexion chiffrée, vous empêchant
d’en connaître la nature exacte. Cela ne vous inquiète pas ?
Officiellement, nous "savons" qu’il n’y circule que des licences et de
la musique. Mais pourquoi s’arrêter là ? Ils peuvent aussi facilement
envoyer la liste de tous les fichiers présents sur mon ordinateur, le
contenu de mes mails, les historiques de mes messengers, des photos
prises avec ma webcam... Paranoïaque ? Oui, sûrement. Mais qui m’assure
du contraire ? Les frasques de Sony ne sont surement pas là pour me rassurer ! Et encore moins la récente découverte des fonctions bonus d’iTunes, consistant à communiquer à Apple des informations personnelles
ainsi que les titres, artistes ou albums que vous êtes en train
d’écouter sur votre ordinateur. Dans un tel système de contrôle, je ne
ferais confiance qu’à l’état, et encore, sur la base de chartes
précises. Un tel pouvoir dans les mains d’une société privée est
simplement inacceptable !
En conclusion, si DADVSI veut se donner les moyens de
préserver la liberté de choix des utilisateurs, la pérennité de leur
bien, la sécurité de leur vie privée et la survie du libre, il se doit
d’imposer un standard DRM ouvert pour la France. Ou alors, le cas
échéant, maintenir le droit de contourner les protections à des fins
d’interopérabilité.
Un DRM, ça protège surtout les monopoles...
Nous l’avons compris, certains éditeurs de logiciels
ont tout intérêt à pousser le secteur du disque vers le tout DRM car
ils s’assurent ainsi un marché captif. Et ce, au moment même où les
marges de ces éditeurs sont très menacées. J’aurais sûrement l’occasion
d’y revenir plus en détail dans d’autres billets, mais vous aurez
remarqué que le libre se répand très vite ces derniers temps. Et trop
vite au goût des éditeurs qui voient là la fin d’un règne.
Alors une technologie qui leur permettrait de s’assurer une certaine
"captivité" de leur "clientèle" est sans nul doute une aubaine.
De leur côté, les majors sont elles aussi face à un
problème. Un problème autrement plus grave que le téléchargement
illégal. Aussi vrai que la photo digitale change le visage des
industries qui s’y rattachent, l’ère numérique condamne tout aussi
simplement les maisons de disque. Car dans l’ancien temps, ce disque,
il devait être produit. C’est finalement lui qui octroyait à la musique
la rareté nécessaire à sa valeur. Dans l’ère numérique, cette
production n’a plus rien de rare, produire c’est dupliquer et dupliquer
ne vaut rien. On aurait pu très sainement profiter de cette aubaine
pour placer l’indice de rareté sur la création elle-même, sur l’artiste
en somme. Mais cela reviendrait à court-circuiter cette industrie toute
puissante qui n’y tient évidemment pas. Une impasse. Et pourtant, si
leur modèle économique ne change pas, leur valeur ajoutée sera à terme
nulle. Et ça, dans notre monde économique, c’est un arrêt de mort. La
bonne solution serait alors de substituer le DRM au disque et conquérir
ainsi le marché du droit d’écoute. La voilà la nouvelle rareté que le
DRM rend possible, la rareté de l’écoute.
Droit d’écoute ? Ah oui, c’est peut-être le détail que
l’on a oublié de vous donner. Le potentiel des DRM ne se limite pas aux
seuls aspects techniques. Ils permettent la mise en place efficace d’un
modèle de vente assez révolutionnaire. Ne plus vendre un disque mais
seulement un droit d’écoute sur un contenu. Si vous en doutez, je vous
conseil la passionnante lecture du contrat
que vous signez tacitement en utilisant les services d’iTunes. C’est
écrit en toute lettres. Vous ne pouvez utiliser ce que vous avez acheté
qu’à des fins personnelles et non commerciales, et non à des fins de
redistribution, de transfert, de cession ou de sous-licence. En
d’autres termes (que des juristes me corrigent si je me trompe), je
n’ai pas le droit de revendre ce que j’ai acheté sur iTunes, ni de le
donner, ni de le léguer à mes enfants. Un peu comme pour un logiciel,
vous ne possédez plus qu’un droit d’utilisation. Et un droit
d’utilisation "volatile" qui plus est. Car, et c’est toujours dans le
même contrat, votre droit peut être retiré, ou changer de nature, au
bon vouloir du fournisseur, et de manière rétroactive.
Autant cela ne me choquait pas trop pour un logiciel
mais cela me remue beaucoup plus pour un "objet" culturel. Poétiquement
parlant, c’est la fin de la découverte des trésors musicaux de l’ancien
temps dans les greniers de grand-papa, l’oreille collée au pavillon du
gramophone. D’un autre côté, grâce aux DRM, nous allons sûrement voir
apparaître moultes nouvelles offres, pour le plus grand bénéfice du
consommateur, comme le dirait notre ministre de la culture :
droit de lire à la maison, droit de lire en voiture. Et pourquoi pas un
accord roaming pour avoir le droit de lire sa musique à l’étranger (le
contrat iTunes interdit pour l’instant que votre musique sorte de
France...). Je ne sais pas pour vous, mais moi je vais maintenant avoir
un peu de mal à débourser 10€ pour un simple "droit d’écoute". Pour le
coup, j’achète vraiment du vent. Ou alors il faut que les prix aillent
avec, car 10€, c’est énorme compte tenu des limitations imposées et de
l’absence de frais de packaging et de distribution du fournisseur.
D’autant plus que sur les .99€ que vous coûte une piste, l’auteur,
celui que l’on cherche à protéger en ce moment, ne touche que 3% contre
14% pour un CD (source indirecte du Magazine Challenge, à vérifier
cependant)...
Nos plus renommés artistes s’inquiètent de ce qu’ils
ressentent comme une attaque à leur moyen du subsistance. Et je les
comprends. Je comprends aussi qu’ils sont liés par contrat à cette
industrie musicale. Mais ce qu’ils devraient comprendre à leur tour,
c’est qu’en prêtant ainsi main forte à des ambitions qui les dépassent,
ils risquent rapidement d’être les victimes de ce qu’ils défendent, risquant d’entraîner aussi avec eux une certaine majorité d’artistes moins connus. C’est dommage, car en jouant cet air différemment, cela pourrait être leur talent, la nouvelle "rareté" du produit culturel.
DRM, la protection du déjà coupable
Sortons maintenant un peu de la technologie et
imaginons un gouvernement qui déciderait d’imposer à toutes les
automobiles un système de radio-surveillance. Un tel système
vérifierait votre permis, votre vue et votre alcoolémie avant de vous
laisser démarrer. Ensuite il enverrait en permanence à un central le
détail de vos déplacements, votre vitesse ou le nombre de personnes
présentes avec vous. A tout moment, les serveurs, s’ils le jugent
nécessaire, peuvent arrêter la voiture, la faire se garer et vous
obliger à rentrer à pied. Et ceci dans le but de réduire le nombre de
morts sur la route. Je ne sais pas pourquoi, mais je gage que si un tel
gouvernement osait ne serait-ce qu’évoquer une telle possibilité, le
bon peuple en conclurait rapidement qu’on le considère comme de
potentiels meurtriers du volant et tout le monde serait bien vite dans
la rue. Attention, je ne parle pas d’un radar qui constatent une
infraction, mais d’un système intégré dans votre sphère privée qui vous
contrôle en permanence et agit de manière préventive sur vos libertés !.
Et bien les DRM c’est exactement ce principe transposé
dans le monde virtuel. Car dans ce monde là, il semble acquis de
pouvoir considérer les citoyens comme de potentiels délinquants. Pour
notre gouvernement, les internautes ne sont sûrement qu’une bande de
racailles modernes... Et c’est bien l’aspect de DADVSI que je trouve le
plus choquant moralement. Que l’on constate, à l’image du radar, une
infraction ne me pose pas de problème. Il y a des lois, elle sont
connues et si je les transgresse, j’en assume les conséquences. Mais
que l’on m’ôte, à priori, toute velléité de nuire en me prenant
d’emblée pour ce que je ne suis pas, est pour moi une dérive éthique
très grave digne des meilleures anticipations totalitaristes.
Les DRM sont à mes yeux une hérésie née des appétits
qu’aiguisent un très certain potentiel technologique. C’est aussi une
facilité qui évite de repenser les problèmes à leurs sources. On peut
utiliser l’atome pour se chauffer l’hiver ou pour démontrer sa
puissance au monde. Les technologies de l’information rendent possible
un tout répressif qui était jusqu’alors inimaginable. Elles permettent
aussi un échange d’idée comme je suis en train de le faire ici. Je ne
connais pas l’issue de ce débat mais j’espère que nos députés vont
s’armer pour comprendre les implications sociales, morales et
techniques de cette loi. Et s’informer consiste à écouter et se faire
un avis. Les majors et les éditeurs ont, eux aussi, un avis à donner.
Mais sûrement pas leur mot à dire. Nous avons confié à l’Etat la charge
de préserver nos libertés, de protéger notre individualité et notre
intégrité morale. Il a le devoir de nous orienter face à nos
responsabilités mais pas de nous conditionner et de se retourner contre
nous. L’Etat a pour mission de contrôler et de sanctionner si la ligne
rouge que nous avons fixée ensemble a été franchie. Nous avons une
police spécialisée dans ces technologies et elle a un rôle à jouer. Et
que l’on arrête de dire que sur Internet la chasse aux actes illégaux
est difficile. Les DRM sont pour moi un constat d’échec. Étouffer un
comportement n’incite pas un individu à changer et à prendre ses
responsabilités. Enfin, l’Etat n’a pas pour vocation d’aider les
acteurs économiques à s’imposer et encore moins au détriment de celles
et ceux qu’il représente.
Ce texte a été publié originellement sur
http://moutons.karma-lab.net.