Contacts  

Contribution de la LCR

Conférence des collectifs des 3 et 4 décembre
lundi 5 décembre 2005.
 

Contribution de la LCR à la conférence des collectifs des 3 et 4 décembre LCR - 2, rue Richard-Lenoir 93 100 Montreuil - www.lcr-rouge.org - lcr@lcr-rouge.org

Partie prenante de la construction des collectifs dès le départ de la campagne pour le « non », nous voudrions apporter notre contribution sur les perspectives.

Nous venons de vivre une campagne unitaire exceptionnelle, et cela à deux niveaux. D’abord par le type de rassemblement opéré. Même si nous nous étions souvent retrouvés ensemble dans une série de luttes ponctuelles, c’est la première fois que nous nous sommes retrouvés ensemble pour une campagne de plusieurs mois : PCF, LCR, Alternatifs, militants du PS, ou des Verts, syndicalistes, associatifs etc. C’est ce rassemblement qui a créé une dynamique et un enthousiasme permettant la mise sur pied de centaines de collectifs, et surtout d’entraîner des dizaines de milliers de gens dans les meetings ou les débats politisant comme jamais une partie de la population. La deuxième conséquence de cette campagne a été, bien sûr, la victoire et l’apparition d’un pôle de gauche antilibéral, d’une véritable force qui pèse désormais sur l’ensemble de la gauche.

Au-delà de nos divergences, nous avons pu maintenir notre unité, construite à partir d’un texte politique commun qui jetait les bases d’une politique antilibérale et qui, du coup, a permis d’opérer déjà une certaine clarification à gauche.

En revanche, il est évident que si cet appel était suffisant pour mener une campagne claire et gagner, il reste totalement insuffisant pour aller au-delà. La victoire du non permet tout à gauche, mais ne résout rien.

Malheureusement, la situation sociale et politique que nous vivons tous et toutes depuis le 29 mai nous rappelle chaque jour que notre vote n’a pas suffi a arrêter le rouleau compresseur du libéralisme qui détruit nos droits sociaux et les libertés publiques.

Nous devons poursuivre le cadre unitaire que beaucoup de militants, dont nous-mêmes, considèrent comme un des acquis essentiel de cette campagne, pour que le souffle unitaire et militant que nous avons construit aide à dresser dans toutes les villes la résistance et la mobilisation d’ensemble dont nous avons besoin pour bloquer Sarkozy et Villepin.
Certes, comme on pouvait le craindre, certains collectifs ont disparu, d’autres vivent au ralenti ou sont maintenus à bout de bras par quelques militants. Mais d’une façon générale, le réseau se maintient avec, parfois, des initiatives réussies.

Nous pensons que, pour durer et se développer, les collectifs doivent se donner une double tâche. Impulser ou participer à toutes les campagnes unitaires contre les effets du libéralisme.
Et là, il y a du grain à moudre. Les collectifs sont des structures unitaires de campagne aussi bien contre la directive Bolkestein que contre la privatisation des services publics (cf. la manifestation du 19 novembre, le soutien aux traminots de Marseille, aux travailleurs de la Connex à Nancy ou des batailles locales contre des fermetures de bureaux de poste, de gare ou d’hôpitaux, contre l’état d’urgence et en soutien aux exigences exprimées dans les banlieues). Ils peuvent donc, dans chaque ville et quartier être une force d’impulsion pour toutes les actions de résistance et de mobilisation.

Mais les militants des collectifs veulent aussi aborder des débats de fond sur le contenu d’une véritable politique antilibérale. Ce qui se fait déjà dans plusieurs villes avec des débats publics, des « six heures » ou des ateliers de discussion.

Campagnes et débats politiques peuvent permettre de poursuivre nos activités. La préparation des assises de mars pourra même, peut-être, aboutir à un document politique précisant tous ensemble les bases minimales d’un programme antilibéral. Pour cela, on pourrait envisager la sortie d’un fascicule avec des contributions de militants, de comités ou d’organisations membres du collectif du 29 mai. Mais, n’étant pas un parti politique, il faudrait arriver chaque fois à exprimer nos convergences et nos différences tout en préservant le cadre unitaire. C’est avec la même méthode qu’il faut aborder les débat liés aux échéances électorales. Nous pensons que les collectifs peuvent et doivent interpeller les partis politiques.

Les échéances électorales ne peuvent être détachées de la manière de construire une alternative au libéralisme et au capitalisme. Après la campagne victorieuse menée ensemble, il est normal que ces débats traversent aussi les comités. Pour notre part, nous avons indiqué, déjà à plusieurs reprises, que si la volonté unitaire qui se manifeste jusque sur le terrain électoral est légitime, il reste à surmonter des questions stratégiques importantes, tenant à la fois aux contenus et aux alliances. Comme on le voit encore avec le vote des socialistes, nous estimons qu’est incompatible la participation à un même gouvernement ou majorité parlementaire entre les partisans d’un antilibéralisme conséquent et ceux liés au social-libéralisme. Toutes ces questions peuvent et doivent être débattues franchement entre nous, au sein des collectifs. Mais il ne serait pas raisonnable, sauf à risquer leur éclatement, que l’on imagine que ces collectifs puissent, par eux-mêmes, surmonter les points de vue parfois divergents existants à ce propos.

Et pour notre part, militants de la LCR, nous pensons que ceux et celles qui composent aujourd’hui ces collectifs peuvent être un ferment contribuant à l’émergence d’une force politique anticapitaliste, porteuse d’une réelle alternative à la droite réactionnaire évidemment, mais aussi à la gauche social-libérale qui a détruit tant d’espérance. Et nous n’abandonnons pas l’espoir que cette alternative puisse se concrétiser lors des prochaines élections dans des candidatures unitaires. Les collectifs peuvent y contribuer en rassemblant dans l’action, pour toutes les mobilisations indispensables pour arrêter la mise en œuvre des politiques libérales.

C’est dans cet esprit que les militants de la LCR continueront à aider au développement des collectifs en respectant pleinement leur indépendance tout en participant au débat avec leurs contributions. Notre objectif est bien de tout faire pour maintenir ces comités et la dynamique unitaire du 29 mai.

  Retour vers anti-libéralisme



Mots-clés 






Accès rapide

Le FSD, c'est quoi ? -
Contactez-nous -
Espace privé -



Dernières brèves



ARTICLES RECENTS

Le droit au logement doit être effectif pour tous
jeudi 6 mars 2008 par webmaster
L’incroyable aveu de N. Sarkozy
dimanche 17 février 2008 par Jacques Terracher
Monsanto, une entreprise qui vous veut du bien
samedi 16 février 2008 par Dominique Leblanc
Respublica 579
vendredi 15 février 2008 par webmaster