Pour que ça change vraiment, l¹heure est venue de passer aux actes :
nous proposons la création d¹un collectif national d¹initiative pour un
rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes.
En moins d¹un an, à plusieurs reprises, la société française s¹est
insurgée contre le libéralisme, destructeur de vies et d¹avenir. Le 29
mai 2005, une majorité a sanctionné les choix libéraux des élites
européennes. A l¹automne, la jeunesse de nombreux quartiers populaires,
confrontée au chômage, à l¹exclusion et aux discriminations, a
manifesté sa révolte. En mars et avril de cette année, c¹est par
millions que jeunes et salariés se sont soulevés contre la précarité et
la destruction du code du travail. Depuis, le refus de la loi sur "
l¹immigration jetable " s¹étend. Ces séismes à répétition et les
luttes appellent une réponse politique à la hauteur. Elle ne peut pas
être le " réformisme de gauche " accompagnant la mondialisation
capitaliste que propose la direction du Parti socialiste. Elle ne peut
pas être la réédition de ces alternances sans changement profond qui se
terminent immanquablement par des désastres, comme le 21 avril 2002.
Notre pays a besoin d¹une rupture avec le cadre libéral, et non d¹un
aménagement de celui-ci. Ce choix, qui doit être traduit en
propositions précises, correspond à l¹attente de millions de femmes et
d¹hommes de notre pays. Il a vocation à être majoritaire au sein de la
gauche, à y battre les politique d¹adaptation et de renoncement,
ouvrant ainsi la voie à un changement politique et social profond.
Le discours dominant prétend fixer le cadre des prochaines échéances
électorales en les réduisant à la rivalité des deux partis
institutionnellement dominants. Tout juste s¹inquiète-t-on de la
capacité de l¹extrême droite à troubler le jeu et s¹interroge-t-on, en
marge, sur qui décrochera le prix du meilleur second rôle à gauche du
PS au terme d¹une dérisoire compétition dans la dispersion.
Mais l¹Histoire n¹est pas écrite.
Nous étions ensemble contre les offensives de la droite et du
patronat, refusant de nous incliner devant l¹inéluctabilité du modèle
libéral que l¹on cherche à imposer à tous les pays d¹Europe. Dans nos
partis, syndicats, associations, dans le cadre des collectifs
unitaires du 29 mai ou d¹autres initiatives visant à l¹unité, nous
avons poursuivi notre démarche. Nous affirmons que seule une union de
toutes les énergies anti-libérales autour d¹un projet commun, seules
des candidatures communes antilibérales de gauche aux élections
présidentielle et législatives peuvent ouvrir la voie à une authentique
alternative : sociale, écologique, anti-discriminations, démocratique.
Faute de quoi l¹exaspération et la détresse populaires risquent de se
traduire en abstention et de profiter à la droite extrême ou à
l¹extrême droite.
Les obstacles à l¹unité peuvent être levés si la volonté politique prévaut.
Nous nous battons pour gagner. Nous voulons en finir avec le pouvoir de
la droite, en finir durablement avec une politique dont le pays fait
les frais depuis trop longtemps. C¹est pourquoi nous avons l¹ambition
de changer en profondeur la donne politique, de bouleverser le rapport
de forces à gauche. Nous voulons construire une forte dynamique
populaire et citoyenne, ¦uvrer ainsi à l¹essor des mobilisations
sociales, avec l¹objectif d¹une majorité et d¹un gouvernement qui
appliquent une politique au service du peuple. Une politique en rupture
avec le libéralisme, opérant des choix respectueux du futur de la
planète et des humains qui y vivent. Nous le croyons possible. Si nous
n¹accédons pas au second tour de la présidentielle, nous nous
mobiliserons pour battre la droite et l¹extrême droite. Mais nous ne
participerons pas à un gouvernement qui serait dominé par le
social-libéralisme.
Des propositions convergentes existent sur nombre de questions
essentielles. Elles fournissent déjà un fondement solide à notre
rassemblement.
Notre campagne commune aux élections présidentielle et législatives
devra s¹inspirer de celle menée pour le rejet du traité constitutionnel
européen. C¹est la même dynamique unitaire que nous devons donner à
voir dans les entreprises, les quartiers, les meetings, les médias.
Cette campagne devra être portée par les différentes sensibilités
engagées dans le processus et ensemble, partout, par les milliers de
citoyens qui s¹y retrouveront.
Un tel cadre collectif permettra d¹échapper à la dérive
présidentialiste encouragée par les institutions et de désigner celle
ou celui qui symbolisera le mieux notre unité à l¹élection
présidentielle.
Le temps est venu de concrétiser. Nous proposons la création d¹un
collectif national d¹initiative permettant de discuter de toutes les
questions auxquelles ce rassemblement devra répondre, de lever les
derniers obstacles et de concrétiser cette campagne. Nous convions
toutes les forces, courants, sensibilités de la gauche anti-libérale,
féministe, écologiste, citoyenne à être partie prenante de ce collectif
qui ne sera pas un cartel figé et restera ouvert. Nous invitons toutes
celles et ceux qui partagent notre objectif à créer partout de tels
collectifs d¹initiative, unitaires et populaires.
Il nous appartient de délivrer ensemble un message d¹espoir. Le temps presse. Le défi doit être relevé.
Le 10 mai 2006
Signataires de l¹appel :
Etienne Adam, Christophe Aguiton, Tony Andréani (professeur émérite de sciences politiques), Patrick Appéré, Clémentine Autain (féministe, élue de Paris), Francine Bavay (élue régionale, les Verts), Hamida Ben Sadia, Jean-Jacques Boilaroussie, José Bové, Michel Bourgain (maire, les Verts), Patrick Braouezec, Marylène Cahouet, Eric Coquerel, France Coumian, Pierre Cours-Salies, Claude Debons, Monique Dental (militante féministe), Hayat Dhalfa, Bernard Dedeban (syndicaliste), Michel Dupont, Frédéric Dutoit, Alain Faradji (membre de le LCR), Bertrand Geay, David Gipoulou (membre de " Pour une République Sociale " : PRS), Charlotte Girard (membre du bureau national de PRS), Bernard Guibert (membre des Verts), Jean-Paul Hebert (économiste, EHESS), Michel Husson (économiste), Raoul Marc Jennar, Jacques Lerichome (syndicaliste), Bernard Loche, Céline Malaisé (membre de la LCR), Roger Martelli, Henri Merme, Roland Merieux, Claude Michel (syndicaliste), René Mouriaux (politologue), Michel Naudy, Michel Onfray (philosophe), Christian Picquet (membre de la LCR), René Revol (vice-président de PRS), Yves Salesse, Patrick Silberstein (médecin, éditeur), François Simon, Francis Sitel (membre de la LCR), Philippe Villechalanne (militant d¹association de chômeurs), Claire Villiers (élue régionale, Alternative citoyenne), Pierre Zarka, Malika Zédiri
ET :
Les Alternatifs, Convergence Citoyenne, Gauche républicaine, MARS, Parti communiste français.