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Airbus-EADS : un désastre annoncé

jeudi 1er mars 2007.
 
L’entreprise Airbus, filiale du groupe EADS (European Aeronautic Defense and Space Company), premier industriel européen de l’aéronautique et de la défense et deuxième au niveau mondial, a annoncé un plan de restructuration prévoyant de supprimer 10 000 emplois, dont 4300 en France, 3700 en Allemagne, 1250 en Angleterre et 450 en Espagne, affectant pour moitié les sous-traitants. Plusieurs sites industriels en France et en Allemagne seront en outre vendus.

A l’origine de cette casse économique et sociale, deux raisons essentielles : la soumission aux impératifs de rentabilité actionnariale maximale et des erreurs grossières de stratégie industrielle. D’une part, l’année 2006 s’est terminée par une chute du cours boursier de l’action EADS de 20% par rapport à son niveau de janvier, marquant un décrochage très net par rapport à l’indice CAC 40 qui progressait de 20% dans le même temps. Le plan de restructuration vise donc à rassurer les actionnaires selon les règles capitalistes en vogue, au moment où la bagarre pour le leadership mondial se poursuit avec Boeing.

D’autre part, les dirigeants d’EADS ont accumulé les erreurs stratégiques qui se sont soldées par l’aveu des retards pris dans la production du futur A350 et par la mise en évidence de l’irréalisme à long terme de l’A380 aussi peu écologique qu’il est gros. Le tout dans un contexte de conflits internes à la firme, écartelée entre les
exigences des branches françaises et allemandes du conglomérat.

Au total, l’affaire EADS confirme ce que coûte à la collectivité l’abandon d’une véritable politique industrielle, soumise dorénavant au seul critère du profit, voire de la rente financière, jusqu’au sein des groupes industriels dans lesquels l’Etat garde pourtant encore une participation non négligeable (15% pour l’Etat français).

Triste exemple des dérives d’une Europe de plus en plus libérale. Que ce soit dans le cadre de l’institution Union européenne elle-même : la politique de change de la Banque centrale européenne a contribué à plomber le projet d’Airbus, conçu à un moment où l’euro était faible par rapport au dollar. Ou dans le cadre des alliances industrielles et financières faussement coopératives et qui, en cas de défaillance des actionnaires privés (Daimler-Chrysler et Lagardère en l’occurrence), n’hésitent pas à faire appel aux fonds publics.

Attac réaffirme son opposition à l’orientation néolibérale des politiques et confirme sa volonté de soumettre celles-ci au débat démocratique, de leur fixer des priorités qui se nomment coopération et non pas concurrence, respect de l’environnement et non pas transports à tous crins, emplois pour les salariés et non pas profits pour les actionnaires. Car, malheureusement, le cas Airbus n’est pas isolé : il fait suite à 22 000 suppressions d’emploi à France Telecom en trois ans, à 11 500 chez Alcatel-Lucent, et à bien d’autres encore.

Attac France organise une grande réunion publique avec tous les Attac d’Europe et ses partenaires du mouvement social le 24 mars à 17 heures 30, au Théâtre de Verre à Paris sur le thème « Attac réveille l’Europe  ! » Elle invite tous les citoyens à venir en débattre.

Attac France,
le 1er mars 2007
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