Le tout premier café-philo s’est déroulé en 1992 au café- des phares
place de la Bastille à Paris, créé bien malgré lui, la petite histoire
le laisserait penser[1], par Marc Sautet. Quelques rares cafés-philo
se sont ensuite crées dans sont sillage exclusivement à Paris.
La véritable éclosion eut lieu à partir de septembre 1995 et de l’opération
parisienne des bistrots en fête où nous étions présents. Fin 1995, 12
cafés-philo se sont crées à Paris, 2 en banlieue, 10 en province dont
le Gil Bar et 2 à l’étranger. On ne compte plus aujourd’hui les
cafés-philo qui se créent, mais beaucoup des pionniers ont carrément
disparu, ce qui fait qu’actuellement le café-philo du Gil Bar est l’un
des plus anciens cafés-philo du monde !
Aujourd’hui nous avons à notre actif plus de 400 débats qui ont réunis
plusieurs milliers de personnes (entre moins d’une dizaine à plus de
100.)
Le café-philo du Gil Bar a été présent dans de nombreuses actions dont
les principales sont :
- Aide à la création du café-philo aujourd’hui disparu de
Saint-Maixent
- Aide à la création du café-philo aujourd’hui disparu de Guérêt
- Inspiration pour les cafés-philo de Niort, de Melle (disparu), d’Angoulême
(disparu ?)et de La Rochelle (disparu ?).
- Création d’un café-philo aujourd’hui disparu au marché du dimanche
matin des Couronneries.
- Création d’un café-philo au Centre Socio-Culturel des 3 Cités
- Création du mensuel aujourd’hui disparu l’Incendiaire (une trentaine
de numéros).
- Participation au magazine philo-journalistique Socrate & C°
- Création de sites internet (4)et de listes de discussions (3).
- Investissement dans la philosophie avant la terminale à l’école
(plus d’une cinquantaine de classes depuis 97).
- Participation aux colloques internationaux des cafés-philo (Castres,
1999, 2000 ; Noisy le Grand, 2002 et des Nouvelles Pratiques (Paris,
2001 ; Rennes, 2002 ; Nanterre, 2003, Caen, 2004 et Poitiers, 2005)
- 3 publications : Apprendre en philosophant, le point sur la méthode
employée, édité par le CRDP de Poitou-Charentes devrait être publié en
janvier 2006[2]. Philosophie hors classe, une histoire du commencement
des pratiques philosophiques avant la terminale, l’éditeur l’Harmattan
a accepté de le publier et Les cafés-philo vus de Poitiers, en cours
de réalisation.
- Coopération avec diverses associations (CIDF, AC !86, Génépi, Amnesty
International, Toit du monde.) pour organiser des débats.
- Création d’un café-philo des sciences mensuel
- Participation aux 3 sessions de la défunte Nuit philosophique
La méthode autogestionnaire
Dès le commencement des cafés-philo eurent lieu de fortes polémiques
avec l’institution et les professeurs de philosophie mais aussi au
sein même du mouvement entre différents « courants » ou « écoles » qui
portaient en général sur la philosophicité de telles pratiques. A
Poitiers, l’autogestion qui a été mise en ouvre progressivement en
tâtonnant[3] et à l’occasion de ces polémiques, fait aujourd’hui du
café-philo du Gil Bar l’un des lieux où on peut philosopher les plus
originaux de la planète, reconnu, bien-sûr, nationalement, en
particulier à Paris, Montpellier, à Toulouse, dans le Tarn et le
Sud-Ouest, mais aussi internationalement, jusqu’en Corée, en
Australie, au Pérou, au Canada et aux USA.
Le protocole mis en place est identifié comme étant l’un des 3
utilisés dans les cafés-philo (avec la méthode Sautet et celle de
Tozzi) et l’un des 5 utilisés dans les classes (avec Lipman, Lévine,
Tozzi, et le dialogue socratique).
Il se base sur l’égalité des participants par rapport aux règles et à
la place, au pouvoir et à la parole, l’animateur s’étant transformé en
simple distributeur de parole. Le sujet n’y est pas en général
déterminé à l’avance mais choisi par le vote en début de séance, parmi
ceux proposés par les participants sur le thème défini. Celui qui a
proposé le sujet choisi l’introduit puis le débat peut commencer. Il
consiste en une libre argumentation, un échange de points de vue
respectant la parole de l’autre. Ainsi la parole ne se prend pas n’importe
comment n’importe quand mais nous est donnée par un distributeur de
parole qui est nommé avant de commencer. Il donne la parole dans l’ordre
dans lequel elle est demandée, cela étant modulé par la priorité de
ceux qui ont peu parlé sur ceux qui ont beaucoup parlé.
Il est même tout à fait possible d’assister au débat sans prendre la
parole.
Philosopher pour nous s’appuie donc sur deux choses. D’abord, la
revendication d’une exigence de philosophie par tous (et non pour tous
!)[4], ensuite l’émergence d’une pensée (ou intelligence, dialogue, ou
logos.) collective ou mutuelle[5].
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[1] Cf.
http://www.cafephiloweb.net/cpwt/liens2.htm
[2] Cf.
http://pratiquesphilo.free.fr/docs/Com-Apprendre%20en%20philosophant.doc
[3] Cf. - Philosophe-t-on vraiment dans un café-philo ?. Article paru
dans Comprendre le phénomène café-philo - Les raisons d’un succès
mondial en 30 questions, ouvrage collectif sous la direction de Yannis
Youlountas, préface d’Edgar Morin, éd. La Gouttière, 2002
http://www.cafephiloweb.net/cpwt/contrib/debat10.htm
- Tout le monde peut-il philosopher ?. Article paru dans Comprendre le
phénomène café-philo - Les raisons d’un succès mondial en 30
questions, ouvrage collectif sous la direction de Yannis Youlountas,
préface d’Edgar Morin, éd. La Gouttière, 2002
http://www.cafephiloweb.net/cpwt/contrib/debat09.htm
- A quoi peut bien servir un animateur dans un café-philo ? Diotime /
l’Agora, n°19, septembre 2003.
http://www.ac-montpellier.fr/ressources/agora/D019002A.HTML
[4] Le nom même de l’association qui a émané du café-philo, qui a pour
but de promouvoir la philosophie dans des lieux où elle n’est pas
encore présente (Voir le site de l’association :
www.philopartous.org ), en particulier dans les cafés (Voir le site du
e-zine Café-PhiloWeb :
www.cafephiloweb.net ), et dans la cité, mais
aussi au sein même du système scolaire (Voir le site «
pratiques-philosophiques »
www.pratiques-philosophiques.net ).
[5] voir les articles : Fait-on de la philosophie dans les cafés-philo
? dans Diotime/l’Agora, n°3
(
http://www.ac-montpellier.fr/ressources/agora/ag03_039.htm) ;
Contribution à l’histoire du mouvement des cafés-philo poitevin 1989 -
1997 (
http://www.cafephiloweb.net/cpwt/contribu.htm) ; et Cafés-philo
: pourquoi la philosophie est-elle devenue si populaire ?
(
http://www.philopartous.org/apptt/pourq2.html).